The Whisper of Pain.  (Avant-première.) posté le samedi 27 décembre 2008 20:00


 

■ Comptine d'un autre été - Yann Tiersen. ■

 

 

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 Le monde est un couloir. Un couloir incertain, pouvant flancher à tout moment. Ses murs sont des épines et les blessures qu'elles infligent ne cicatrisent jamais. Chacun est différent dans ce bas monde, il suffit de l'accepter.
Cette fiction parle des différences, du jugement que les gens apportent aux autres, du courage de certains, de la lâcheté d'autres. Elle parle également de sentiments, d'amour, de détresse.
Et surtout, elle parle de chacun d'entre nous, d'une histoire qui pourrait nous arriver à tous. Nous sommes tous différents mais pourtant si semblables.

 

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" Tout pourrait être si simple, mais tout est tellement compliqué.
J'ai longtemps esperé une vie meilleure et au final, voilà ce qu'il en reste ; des lambeaux, des poussières, rien. Je ne parviens plus à faire semblant, je ne suis pas comme eux, comme tous les autres qui feignent à merveille. Je ne peux pas mentir, je ne peux plus. Je suis mort, complètement anéanti. Et il n'y a plus qu'une chose qui hante mon esprit ; Macey... Je t'ai perdu. "

 

 

 

Evaluation des fictions, ici.

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Sommaire des mises à jour, Remerciements, Publicité.  (Avant-première.) posté le dimanche 28 décembre 2008 17:15

 

C'est sur cet article que vous pouvez faire votre publicité. Je ne promets pas une lecture de ma part mais peut-être qu'en fouillant dans les commentaires, certains trouveront leur bonheur.

 

Remerciements :

○ Aux Greus d'être toujours là, de me soutenir, de me conseiller, d'être si formidables Je vous aime !
○ A ma N'amour chérie, pour sa douceur, son humour, sa confiance. Je t'aime fort
○ A Ma PN chérie d'amour qui me fait rire et qui a un talent hors du commun ! Te quiero !
○ A ma JDG, pour le soutient qu'elle a su m'apporter. I love you.

A tous ceux qui ont toujours été là ; Lucie, Skaiaa ! Et à vous tous, pour être passés sur ce blog, pour vos commentaires adorables, pour le temps que vous accordez à mon travail, pour vos conseils, pour tout ce que vous faites pour moi depuis un an. ( Eh oui, bientôt un an que ma carrière sur JV a
commencé *émue*)

Ajout : Ce blog est une fiction, pas une histoire sims. J'ai toutefois choisi de faire mon décor avec les sims

 

* Prologue : 29/12/08
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Chapitre 1 : 30/12/08
* Chapitre 2 : 03/01/09
* Chapitre 3 : 18/01/09
* Chapitre 4 : 25/01/09
* Chapitre 5 : 29/01/09
* Chapitre 6 : 14/02/09
* Chapitre 7 : 25/02/09
* Chapitre 8 : 08/03/09
* Chapitre 9 : 18/03/09
* Chapitre 10 : 28/03/09
partie 1
* partie 2 * Chapitre 11 : 05/04/09
* Chapitre 12 : 13/04/09
* Chapitre 13 : 17/04/09
* Chapitre 14 : 09/05/09
* Chapitre 15 : 19/05/09
* Chapitre 16 : 23/05/09
* Chapitre 17 : 14/06/09
* Chapitre 18 : 01/08/09

 

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Suggestions, questions.  (Avant-première.) posté le dimanche 28 décembre 2008 17:42

 

Cet article est prévu spécialement pour les curieux comme moi qui posent toujours des questions Vous pouvez également donner votre avis sur quelque chose, me suggérer des idées. Bref, cet article est ici pour tous les sujets ; c'est un véritable bazar qu'on ne trouve pas à tous les coins de blogs

 

Me contacter : Nell_L@live.fr

 

Lisa : TITI <33. Ca me fait plaisir de te voir sur le blog Alors.. si je réalisai un film, je pense qu'il parlerait d'une histoire d'amour dramatique ( un peu du genre Titanic tu vois, histoire de voir pleurer ceux qui le regarderont *regard sadique* XD ). Mais il faut avoir un immense talent pour réaliser un film alors bon, ce film restera à tout jamais dans les méandres de mon esprit XD. Si je me faisais publier, je crois que je sauterais de joie, que j'irais glandouiller dans les librairies toute la journée pour voir mon livre sur une étagère *o* Mais comme pour le film, c'est un rêve qui pourrait devenir réalité mais qui demande beaucoup de chance et de talent ! Et euh.. si je me faisais bouffer le bras je crois qu'j'aurais mal mais que j'serais heureuse d'un côté parce que tu aurais toujours une part de moi en toi xDDDDD. <3

Malo : Tout d'abord, merci pour le compliment ! Pour faire mes montages, j'utilise photoshop. Le dernier article contient un montage que j'ai fais grâce à pleins de textures sur Deviantart que je place sur l'image ^__^ Si tu as besoin de plus d'aide, tu peux me joindre à Nell_L@live.fr

Suggestion d'Elodie : Déjà merci beaucoup pour le compliment xD Je sais pas si j'écris vraiment bien mais ce qui est sur c'est que je continuerai d'écrire, tu peux en être sûre, bien ou non ! Bisouus <3
Agadine : Alooors, mes photos je les prends avec Fraps. C'est un logiciel gratuit et très pratique qui ne salit pas les images comme le fait la touche C du PC pour prendre les photos sims ! Tu peux facilement le trouver sur Google =D Si tu as un problème pour son utilisation, I'm there for you xD 

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Prologue.  (Au coeur de leur monde.) posté le lundi 29 décembre 2008 19:19

 

- Prologue -


Mon monde s'écroulait peu à peu. Son allure fanatique disloquait la vitesse éreintante des autres existences parfaites qui, dans un écho suprême m'achevaient et m'enfonçaient plus encore. Ce semblant de mélodie sonnait faux et ma vie ressemblait à une note égarée au milieu d'une partition inachevée. Quoi de plus risible pour un musicien de mon genre ? Je jalousais les œuvres des autres personnes qui surplombaient mon âme d'un sentiment d'infériorité atroce ; leurs choix si puériles, leurs vies bien ordonnées et stables, leurs trop plein de bonheur qui jouissait de se renverser sur ma peau non pas pour agrémenter ma vie d'un accord beau et incertain mais au contraire, pour faire choir mes piètres convictions. J'exécrais les personnes qui osaient me regarder et sourire avec une hypocrisie intarissable, cette pitié débordante qui leur collait aux lèvres, qui me consumait davantage. La cantate agonisante se ternissait entre mes doigts, elle se défilait, s'abimait, se cassait, se trouait. Et moi ? J'étais déjà mort. Je n'avais plus rien d'autre que ma douleur pour me tenir compagnie, je n'avais plus rien mis à part les regrets sans fin qui emplissaient mon esprit. J'avais, à tout casser, un bon épi noir sur le haut de la tête, des yeux de toxicomane et l'os du tibia de travers.

- Tu viens manger Gaël ? Essaya ma mère en secouant mon épaule droite.

- J'ai pas faim. La rabrouai-je d'un air maladroitement hostile.

Elle soupira puis croisa les bras en détendant un peu ses hanches, comme à son habitude, pour montrer son exaspération.

- Viens au moins me tenir compagnie.

Elle venait de me piéger. Elle ne me lâcherai pas tant que je n'aurais pas le cul calé sur sa putain de chaise.

- Tu me fais chier Maman ! Ça va me faire quoi de te voir bouffer ton truc dégueulasse qui me donne la gerbe ? Tu crois que c'est comme ça que ça va aller mieux ? Arrête tes conneries, et fous moi la paix !

- Je te dis de venir t'asseoir maintenant ! J'en ai plus qu'assez de voir ta tête de dépressif tous les soirs ! Je te préviens, soit tu te bouges le cul et tu viens t'asseoir sur la chaise, soit JE te bouge le cul et tu vas dormir dehors !

L'amour d'une mère, y'a que ça de vrai, n'est-ce pas ? Je lui lançai un regard assassin et me levai finalement du fauteuil, retournant m'asseoir sur une autre chaise, un peu engourdi.

- C'était pas si difficile, si ?

- Shut up ! Protestai-je avant de m'affaler littéralement sur la chaise grinçante.

- Tu sais très bien que je ne comprends rien à cette langue !

- Justement, la narguai-je avec le ton d'un sale gosse de huit ans.

Elle eut un petit sourire qui ne dura pas longtemps puis elle reprit son visage de femme sérieuse et concentrée, les yeux glissés sur son plat dont j'ignorais la consistance.

- Comment va le groupe sinon ?

- Boaf... Steven a d'yeux que pour une fille du lycée, Céline. Roman est d'humeur exécrable, Cally, Sofiane et moi tentons en vain de remuer ces incapables.

- Chose difficile, je présume, rigola ma mère, un sourire en coin légèrement caché par une de ses mèche blonde.

- Chose impossible !

Elle rit devant ma précision sarcastique et je haussai les épaules d'un air décontracté, regardant ma génitrice et sa bouillie marronâtre qui me donnait des hauts le cœur. Je passai ma main sur le dessus de la table en bois très foncé et laissai mes ongles frapper la planche pour montrer mon impatience et mon envie de sortir de table. Celle ci fit semblant de ne pas remarquer et continua à manger ce qu'on pourrait communément appeler « bouillie pour chiens sans dents ». Elle leva les yeux vers moi et dans un rictus moqueur me demanda :

- Et Cally, comment va-t-elle ?

C'était reparti ! Ma mère s'était toujours mis dans la tête qu'elle et moi ferions un magnifique couple, sans comprendre que c'était ma meilleure amie à moi et que je la connaissais depuis l'enfance. Chaque fois qu'elle trouvait une occasion de me titiller sur ce sujet, elle la prenait – et pas qu'à moitié.

- Bien, elle va bien.

Je désirais ne pas m'étendre davantage sur le sujet, je ne voulais pas que ma mère recommence avec ses questions et ses sous-entendus incessants.

- M'man, j'peux y'aller maintenant ?

Elle me regarda de façon sérieuse puis hocha la tête. Je me levai et, au dernier moment m'immobilisai ; je la laissais si souvent seule. Chassant mon sentiment de culpabilité, je montai les marches quatre à quatre jusqu'à ma chambre. Je laissai l'obscurité se terrer dans mon sanctuaire et n'allumai pas la lumière, je n'étais que de passage ici de toute façon. J'attrapai de manière désinvolte mon portable et ma veste, tous deux cachés par la couette retournée de mon lit. Ma chambre n'était pas spécialement en désordre, comme celle de certains adolescents de mon âge mais elle n'était pas nickel non plus. Je n'avais ni chaussettes sales dans tous les recoins de ma chambre, ni l'odeur de l'eau d'javel régnant ici. La fenêtre de ma chambre, située dans le coin de fond, était transpercée par la lumière de la lune et du lampadaire extérieur. En dessous d'elle, un pouf bleuté écrasé par une multitudes d'objets divers. A côté ; mon bureau et mon ordinateur. Le meuble était gris et blanc, sobre, un peu en bazar toutefois. Si j'avais voulu faire mes devoirs dessus, je crois bien que ç'aurait été impossible. Des tas de livres, de photos, de crayons, de jeux s'empilaient de tous les côtés. C'était risible. Le mur opposé était caché par une grande armoire en toile blanche et à côté, mes deux matelas juxtaposés, embrassant le sol. En face de ceux ci, une petite étagère blanche avec une multitude de livres et de films et, sur la première planche, un tableau blanc orné de représentations de mes amis. Je claquai la porte et descendis, marmonnant un « je dors chez Sofiane » puis m'engouffrai dans l'air froid et mordant de la nuit. A mon passage, la lumière du lampadaire vacilla telle un papillon, aussi délicatement et rapidement que ses ailes. Bizarrement, je pris cela pour un signe ; ma vie chancelait. Je commençai alors à traverser la rue, ne prenant pas garde aux flaques d'eau encombrantes de la ville où se reflétaient les belles lueurs des lampadaires, un peu floues, un peu mélancoliques, un peu magnifiques. On aurait dit des petits océans luttant et si je n'avais pas eu aussi froid, je serais resté assis auprès de ces mares de rêves pour contempler un peu plus mes espérances. J'arrivai devant une bâtisse blanche et plutôt grande et sans prendre le temps de frapper, tournai la poignée et y entrai. J'entendis quelques voix, reconnus celles de Sofiane, Cally, Roman, Steven et Nathanaël. Je me dirigeai vers le salon de So et y retrouvai mes amis, avachis sur les coussins, les chaises, les fauteuils et les canapés, en pleine discution.

- Eh, salut toi ! Me lança Cally, la tête comprimée entre ses deux mains et un coussin, ce qui donnait à sa voix un air un peu étouffé.

Sofiane se leva, m'envoya une bourrade dans le dos et m'invita à m'asseoir. Je m'assis entre lui et Cally, en grande discution avec Steven.

- Ça va, vieux ? Me demanda Nathanaël, un peu inquiet.

J'avais fais part de mon mal-être à trois personnes ; lui, Sofiane et Cally. Les autres voyaient bien que ça n'allait pas mais, je ne voulais pas leur en parler même s'ils étaient des amis chers.

- ... et toi ?

- Bien !

Ils se remirent à parler. Étrangement, ce soir, j'avais du mal à me joindre à leurs conversations. Pourtant cela faisait un bout de temps que mon moral n'allait pas fort mais jamais je n'étais resté silencieux avec eux de cette façon. Je ne comprenais pas.

- Tu parles pas mon grand ?

Cally avait toujours eu la sale manie de m'appeler « mon grand » alors qu'elle faisait une bonne tête de plus que moi. C'était sûrement une façon de se moquer de moi avec ironie mais je ne relevais jamais, c'était affectif après tout.

Je fus étonné de constater qu'elle arborait des yeux tristes en me regardant de la sorte. Était-elle sensible à mon mutisme ? Ses grands yeux bleus me fixaient avec intensité, d'un air bienveillant et réconfortant qui m'était cher. Cally n'avait pas besoin de longs discours pour émouvoir les gens, ses yeux parlaient à sa place, de toute la sincérité dont elle était capable. J'aimais à la regarder pendant de longues minutes, observer ses traits fins et magnifiques, son sourire agréable, sa silhouette salvatrice. On aurait pu penser que notre amitié tournerait tôt ou tard en relation amoureuse mais nous savions tous deux que nous n'étions pas faits pour être un couple. Nous n'étions pas amoureux l'un de l'autre, juste très attachés, liés à jamais. Personne ne pourrait jamais nous séparer, j'en étais certain. J'avais besoin d'elle autant qu'elle avait besoin de moi, nous nous complétions, nous nous ressemblions. Notre relation était absolument divine et je ne l'aurais gâché pour rien au monde.

- Je suis un peu fatigué, dis-je en posant ma tête sur ses genoux.

Elle plaça sa main sur ma chevelure d'ébène et caressa doucement mes mèches rebelles, en toute innocence. Les autre continuaient à bavarder inlassablement mais elle restait dans la même bulle que moi, celle qui empêche les mots de passer. Je lui tenais la main et elle tenait la mienne, comme pour me prouver que jamais elle ne la lâcherait, même si elle savait que je le savais. Je l'aimais. Plus que si elle avait été ma sœur, plus qu'une meilleure amie, plus qu'une petite amie. Je n'avais ni expression ni mot pour décrire ce sentiment mais je l'aimais. Bien plus que tout et sans aucune ambiguïté.

- On va répéter ? Proposa alors Sofiane.

Je me rendis compte que c'était tout ce que j'attendais depuis que j'étais arrivé ici ; chanter. Nathanaël fouilla dans sa poche et en sortit une feuille remplie d'accords et de mots.

- Je l'ai écrite hier, dites moi si elle vous plait !

Je parcourus la feuille du regard, imaginant la mélodie, ma voix sur ces paroles puis je levai les yeux vers lui :

- Elle est sensass' !

Ses lèvres s'étirèrent dans un rictus satisfait et fier. Après sa lecture, Cally regarda Nathanaël, stupéfaite par le talent de celui ci. Il avait bien sur déjà composé une multitude de chansons pour nous mais celle ci dépassait de loin le niveau des autres.

- A vrai dire.. Commença-t-il une moue gênée ayant remplacé son sourire, je ne l'ai pas écrite seul.

Qui avait bien pu l'aider dans ce cas ? Je ne connaissais pas un seul lycéen capable d'écrire quelque chose comme ça, mis à part lui. Je désirais savoir qui avait accompli cette prouesse, qui avait un talent aussi exemplaire que celui couché sur le papier.

- Qui est-ce alors ? Demanda Sofiane, attrapant les mots qui étaient restés logés dans ma gorge.

Bizarrement, je vis Nath' se triturer les doigts, hésitant quant à nous révéler l'auteur de cette chanson. Avait-il honte ? Aurait-il voulu que l'on croit en ses mots si bien retranscrits ?

- Une fille que j'ai rencontré dans « Au petit bonheur », elle a vu que je galérais alors, elle m'a aidé.
« Au petit bonheur » était le bistrot où nous allions à chaque fin de cours, qui nous était familier et que nous aimions beaucoup. C'était.. une fille qui avait écrit ça ? Pourtant, le style paraissait tellement criant et introverti qu'on aurait cru à un auteur masculin. Mais étrangement, non.

- Comment s'appelle cette surdouée ? Lança Roman, un sourire moqueur au coin des lèvres.

Je ne pus m'empêcher de trouver son attitude déplacée. Il avait dit cela de façon ironique, comme s'il n'en pensait pas un mot. N'était-il pas sensible à cette grâce phrasée ?

- Pas la peine de te moquer, Roman, tu n'es même pas capable d'écrire un vers sans faire une faute !

Il fallait avouer que j'y allais fort, ce qui justifia immédiatement son visage placide après ma remarque plus que cinglante. Je ne connaissais pas cette fille et pourtant, je m'en sentais proche à un point impossible. C'était tellement puéril, j'en avais presque honte. Pas du genre à se laisser démonter, il arqua les sourcils dans ma direction, un air froid et impénétrable dans les yeux. Son regard était tellement hostile que j'eus mal à la joue rien que d'imaginer la force du coup qu'il pourrait me lancer si je m'entêtais à l'emmerder de la sorte.

- Arrête de te croire au dessus de tous, Gaël.

Ses mots ne me firent ni chaud ni froid. Ils étaient l'exact exemple de celui qui ne sait quoi répondre et qui utilise l'orgueil inexistant pour tenter de blesser l'autre. Je ne répondis pas à son attaque, préférant l'ignorance à la violence verbale et reportai mon attention sur Nathanaël qui, blasé, essayait d'en placer une.

- Macey.

Nous le regardâmes, incrédules.

- Elle s'appelle Macey ! Précisa-t-il, agacé par notre incompréhension.

Macey.. La bourrade que Sofiane infligea à mes épaules me sortit illico de ma rêverie. Mon meilleur ami passa sa main sur son visage au teint mat, semblable à du cuivre brillant. Il avait un visage plutôt fin et des os saillants, surtout au niveau des mâchoires. Ses pupilles étaient vertes, d'un vert à la fois clair et foncé, un mélange un peu ingénu et corsé. Ses yeux étaient fins et un peu allongés, recouverts d'une fine rangée de cils blonds, copie parfaite de la couleur de ses cheveux. Les mèches de son capillaire était inégalement coupées, certaines tombant sur son front, d'autre arrivant presque à sa lèvre supérieure. Il n'était pas parfaitement beau mais un charme salvateur émanait de lui, de ses prunelles confiantes et douces.

- On va répéter ? S'impatienta soudainement Cally, sûrement pressée de délivrer sa voix d'or et de laisser ses doigts courir sur sa guitare.

Je souris sans réellement savoir pourquoi. Cally était tellement importante pour moi, je ne savais même pas comment l'expliquer. Nous n'avions pourtant pas tant de caractères communs, nos vies étaient diamétralement opposées et son attitude était parfois enfantine. Mais voilà, Cally était un bol d'air frais, une bourrasque agréable qui m'évitait de m'étouffer avec ma vie. Elle était fraiche et innocente mais surtout posée et altruiste. Je pris sa main. Comme d'habitude, elle était glacée. Comme d'habitude je la réchauffais, protégeant ses doigts de la température, faisant de mon membre une carapace de chaleur. Elle resserra ma prise et me traîna vers le garage de Sofiane, désireuse de faire de la musique. Les autres nous devançaient un peu et nous arrivâmes dans le garage. Dedans, l'odeur habituelle de poussière et nos instruments de musique placés stratégiquement. La batterie, qui appartenait à Steven, était calée dans le fond de la pièce, dans le coin. La première guitare, celle de Sofiane, était dans le même axe, au coin opposé. Le synthétiseur de Roman était contre la fenêtre du mur de droite, en dessous de l'ampoule. Cally et moi étions en premier plan, puisque nous étions les chanteurs. Le local était petit et pas vraiment insonorisé mais c'était le seul que nous avions pu trouver si nous voulions répéter régulièrement. Nous nous mîmes aussitôt en place, chacun connaissant son rôle dans le groupe à la perfection.

Les sons de mirent en place, écho à la fois sinistre et suprêmes. Avec dix doigts, nous pensions réussir à faire de l'or et c'était toute la magie de nos mélodies. Nous y croyions sincèrement. Chaque fois, nous voulions faire mieux que la précédente. Alors nous livrions nos cœurs dans ces cantates, nous donnions notre âme dans ces notes. Nous faisions choir tous nos problèmes rien que pour apercevoir un trait d'étoile filante. Il n'y avait plus deux chanteurs, ni un pianiste, il y avait nous. Et nous étions heureux comme cela, rien qu'un instant.

Lorsque la musique prit fin, nous nous regardâmes et nous sourîmes. L'obscurité extérieure nous fit prendre conscience qu'il était tard. Je regardai Nathanaël et une idée me vint soudainement ;

- Tu crois que.. Macey sera au bar demain ?

Il secoua les épaules, visiblement ignorant. Je soupirai.

- Pourquoi tu veux la voir ? S'étonna Roman, acerbe.

- J'aimerais juste la connaître un peu mieux ! Les amis des mots sont mes amis !

- Les amis des maux sont tes amis.. Précisa-t-il.

J'eus envie de décorer sa petite tête d'une trace de main mais me contint finalement. Il ne fallait pas que je montre mon énervement.

- Je pense qu'elle sera là. Elle m'a dit qu'elle aimait bien cet endroit ! Mais.. Je vous préviens, elle est très différente de nous.

Je ne relevai pas. Les différences faisaient le monde, elles ne me dérangeaient pas du tout. Cally se rapprocha de moi et posa sa tête sur mon épaule. Je lui pris la main et nous sortîmes dehors, dans la nuit glaciale.

- Ça ne va pas, Gaël ? Me demanda-t-elle, inquiète par mon silence et mon visage tendu.

- Pas vraiment. Mais ça va passer, ça finit toujours par passer !

- Je n'aime pas te voir comme ça, tu le sais n'est-ce pas ?

J'hochai la tête et pressai davantage ses doigts dans les miens. Ils étaient encore plus froids que tout à l'heure. J'allais embrasser sa joue quand elle tourna brusquement la tête ; mes lèvres effleurèrent les siennes et nous sursautâmes, surpris.

- Ex.. Excuse moi, bafouilla-t-elle, très mal à l'aise.

Je souris devant sa gêne. Étrangement, son baiser m'avait été agréable. Les autres sortirent du garage et nous leur emboitèrent le pas afin de rentrer chez Sofiane. Nous avions prévu de dormir tous ensembles chez lui.

Après avoir passé deux heures à discuter, nous nous isolâmes tous pour dormir. Il était plus de quatre heures du matin. Comme à notre habitude, je pris la chambre d'amis avec Cally, Roman et Nathanaël le canapé et Sofiane et Steven la chambre de mon meilleur ami. Je sentais que Cally était toujours un peu troublée par notre baiser accidentel et je tentai de la rassurer ;

- Mais Cally, c'était un accident ! Ça ne représente rien pour moi et rien pour toi non plus ! Je sais très bien que t'es amoureuse de Steven !

Elle était toujours mal à l'aise et je la ramenai contre moi, caressant doucement ses cheveux blonds. Je faisais une bise à sa joue puis, m'approchai de plus en plus de ses lèvres, guidé par un désir incompréhensible. J'essayai de me dire par tous les moyens qu'elle était ma meilleure amie, qu'il ne fallait pas que je fasse ça, mais ses frissons de plaisir m'encouragèrent plus encore. J'arrivai enfin à sa bouche, elle se retourna vers moi afin de caler son buste sur mon torse. Nous échangeâmes plusieurs baisers puis je passai la barrière de ses lèvres et glissai ma langue pour entreprendre une danse érotique avec la sienne. Je laissai mes mains parcourir son corps, étanchai sa peur de l'inconnu, notre peur de l'inconnu. J'enlevai son tee-shirt et elle fit de même avec moi. J'embrassai son ventre, ses cheveux, ses lèvres, ses yeux. Nous fîmes l'amour. Nous fîmes une erreur. Aucun de nous n'aimait l'autre de cette façon là.

C'est ainsi que ma première fois se passa avec ma meilleure amie, c'est ainsi que je commis une erreur monumentale et indelebile.

 

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Hello les amis


Comment allez-vous ? Vos vacances se passent bien ? Alors, qu'avez vous pensé de ce prologue ? Vous aimez les personnages ? Gaël
Je suis très heureuse de commencer une nouvelle fiction, je suis déjà trèès attachée aux personnages et j'ai énormement envie de rentrer dans le vif de l'histoire. Mais j'ai pas mal d'histoires en cours ; Looking for him et Entre Deux Tranchants qui me prennent déjà extrèmement de temps, et je ne pourrais donc pas être très régulière dans les suites, même si j'envisage de faire "passer" The Whisper of pain avant Entre Deux Tranchants car je pense que TWOP sera plus longue et plus détaillée que EDT, d'autant que je pense changer pas mal de choses sur EDT. Bref, j'attends vos avis avec impatience, je suis ravie de votre entrain quant à cette histoire.

Je vous aime très fort


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Chapitre 1.  (Au coeur de leur monde.) posté le mardi 30 décembre 2008 17:30

 

- Chapitre 1 -

Lorsque je m'éveillai, je sentis des bras refermés sur mon torse nu. Cally... Alors.. nous l'avions fait ? Nous l'avions réellement fait ? Je n'arrivais pas à le croire ! Moi, Gaël Spelfing avais couché avec Cally Jenkins, ma meilleure amie ? Je me dégoutais. Comment avais-je osé faire cela ? Céder à mes pulsions n'était pourtant pas mon habitude. Mais je l'avais fais, mon dieu. J'avais osé perdre ma virginité avec ma meilleure amie ! J'avais toujours pensé que ma première fois se ferait en compagnie d'une fille que j'aimerais réellement, qui représenterait tout pour moi. J'avais cru aux clichés, j'avais été si naïf. Au lieu de ça, je me retrouvais dans le lit avec Cally qui ne m'aimait pas plus que je l'aimais, du moins, pas de cette façon là. J'avais terriblement honte. Mais qu'est-ce qui m'avait pris bordel de merde ? Fuck. J'étais le pire des abrutis, j'étais une anguille, une larve ! Un salaud ! En cet instant, tout en moi me répugnait. Mes cheveux noirs, mes yeux bruns, mes cils épais, mes traits fins, mes jambes, mon buste, tout cela me donnait la nausée. J'avais presque envie de me gerber dessus pour me punir. C'était radical, et totalement puéril, surtout que ça n'effacerait en rien mes lacunes antécédentes. Mais je ne pouvais m'empêcher d'y songer. Je perçus un geste de la part de Cally. Hésitant à bouger et à me retrouver face à son regard qui promettait d'être désespérément culpabilisant, je me décidai tout de même à l'affronter. Je ne m'étais pas trompé ; ses yeux paraissaient prêts à déborder de larmes et son visage était figé en une grimace larmoyante. Je ne savais que faire pour la réconforter. Devais-je lui assurer que ça n'était pas grave sachant que j'avais parfaitement compris que notre aventure risquait de sérieusement entacher notre relation ? On m'avait toujours dit que lorsque l'on fait l'amour avec quelqu'un, on ne le regardait pas de la même manière. Et j'avais réellement l'impression que mon regard avait changé dès que je posais les yeux sur elle. C'était atroce, une véritable torture. Fuck.
- Tu as bien dormi ?
Quel con, mais quel con ! J'étais le pire boulet que la terre ait porté. J'avais couché avec ma meilleure amie, je regrettai, elle était au bord des larmes et la seule chose que j'avais osé lui lancer était « Tu as bien dormi ? ». Je ne changerais décidément jamais.
- Je.. Où sont mes affaires ? Bredouilla-t-elle, visiblement au bord du pétage de plomb.
Je parcourus le sol du regard, n'aperçus que son pantalon. Elle attrapa la couverture qui recouvrait le drap du lit et l'enroula autour d'elle, prenant soin de ne pas me montrer la moindre parcelle d'elle. J'avais envie de soupirer mais ne le fit pas, par respect pour elle, par culpabilité aussi. Je suivis ses faits et gestes d'un regard morne et las. Elle s'acharnait à vouloir retrouver ses vêtements, cherchait sous le lit, sur le fauteuil ; une vraie folle furieuse. Je pense que c'est à ce moment là qu'elle comprit que ses habits devaient être planqués quelque part dans le lit, c'est aussi à ce moment là qu'un cri me transperça les tympans ;
- Putain de bordel de merde de con ! Je vais me buter la gueule, je vais le niquer !
Cally était.. très extrémiste. Soit trop calme, soit fêlée. Elle ne connaissait pas le « juste milieu ».
- Si tu parles de moi dans « le », je te précise juste que c'est déjà fait...
Je venais de signer mon arrêt de mort en plaisantant sur cette erreur. Elle allait m'insulter, me frapper, me mordre. Je fermai les yeux et serrai les dents pour sentir avec moins de force le coup qu'elle allait m'infliger. Une trentaine de secondes passèrent avant que je me décide à ouvrir les yeux, pensant qu'elle m'avait frappé si vite et si violemment que j'étais mort sur le coup et attendais le Paradis. Je trouvai juste ma meilleure amie, assise sur le sol, pleurant à chaudes larmes. Abasourdi, je m'approchai d'elle ; était-elle si bouleversée que ça ? J'enroulai mes bras autour de ses épaules. Elle tressaillit mais ne bougea pas, ses larmes humidifiant toujours ses joues.
- Cally... Excuse-moi, je n'aurais jamais du faire ça. Je suis profondément désolé, je sais que tu voulais que ta première fois se passe avec Steven !
- Tu n'comprends pas Gaël ! Je me fiche de ce genre de choses, c'est juste que.. Je ne veux pas te perdre, tu comprends ? Ça ne représente rien pour moi et rien pour toi et je ne comprends pas comment on a pu en arriver là.
- Ça ne gâchera rien de notre relation, Cally ! Je te le promets !
- Je ne veux plus que ça recommence, tu m'entends ?
- Eh Cally ! Ça va bien une fois mais tu sais bien que t'es pas mon genre, répondis-je avec humour pour tenter de la détendre un peu.
Elle étouffa un sourire et posa sa tête sur mon épaule, je la berçai quelques secondes avant de me relever ;
- Dépêche-toi de t'habiller, les autres vont se poser des questions si on s'éternise davantage.
Quelques heures plus tard, je trainais avec Sofiane et Nathanaël dans les coussins. La demeure de mon meilleur ami m'était très familière. J'aimais l'atmosphère chaleureuse qui se dégageait des murs colorés. Cette maison renfermait une famille entière et c'était tout ce que je ne possédais pas et que je mourrais d'envie d'avoir. Sofiane avait deux parents fabuleux. Certes ils avaient leurs défauts mais ils n'en perdaient pas de leur merveille. Ils avaient deux enfants ; Sofiane, l'aîné et Jessica.  J'étais souvent témoin de prises de tête entre ces deux énergumènes et à chaque fois, je m'en trouvais réjoui. Dans ces cas là, Sofiane me traitait de « ouf » et je lui expliquais que les disputes étaient ce qui manquait chez moi pour en faire un lieu agréable. Il se foutait de ma gueule à chaque fois et nous rions. Là, j'avais du mal à parler et surtout, du mal à réaliser ce que j'avais osé faire avec Cally. Tout à l'heure, je m'étais montré fort avec elle, j'avais fais de l'humour pour qu'elle croit qu'elle était la seule à s'inquiéter de la tournure qu'allait prendre notre relation mais à vrai dire, je n'en menais pas large. Et Roman qui, comme d'habitude avait été exécrable avec moi. Je ne comprenais pas pourquoi. Il y a pourtant moins de deux semaines, nous nous entendions à merveille. Il avait changé du tout au tout sans que je ne sache pourquoi ! Si encore il avait fait la gueule au reste du groupe, je l'aurais plutôt bien pris, je crois ! Mais là, il était fâché avec une seule et unique personne ; moi. Comme par hasard au moment où j'allais le plus mal. Quel connard de première classe !
- J'ai couché avec Cally !
J'avais lâché ça d'une voix plate, comme si je m'en foutais royalement. Alors que c'était tout le contraire. Je vis mes deux amis s'arrêter de parler, littéralement paralysés par mon aveu.
- Mais comment ça s'est passé ? Fit Nathanaël, choqué.
- Tu veux un dessin ? Raillai-je, énervé par sa question des plus puériles.
- Putain mais c'est pas possible, t'as pas couché avec Cally quand même ? Me sermonna Sofiane. T'as pas pensé à elle ? Aux conséquences que ç'allait engendré ? Mais t'es complètement con mon pauvre ! C'est pas parce que tu vas pas bien que t'es obligé d'entraîner tout le monde dans ta pourriture de merde à la noix. Tu fais vraiment chier, Gaël.
Et c'était reparti, il venait d'enfiler son costume de père culpabilisant. J'adorais Sofiane, il était mon meilleur ami mais, qu'est-ce qu'il pouvait être chiant parfois.
- Ne parle pas sans savoir, Sofiane ! Je m'en veux d'avoir fais ça, je sais que ça lui fait du mal, si tu crois que ça m'amuse ! Non mais tu me prends pour qui ? Pour le dernier des salauds ? OK j'ai fais une erreur énormissime mais ça te donne pas le droit de m'engueuler comme ça ! Ça n'arrangera pas les choses, ni pour elle, ni pour moi. Le mal est fait et j'ai déjà assez de remords comme ça alors lâche moi un peu, d'accord ?
- Excuse-moi dans ce cas, Gaël...
Sofiane avait cette merveilleuse qualité ; il n'était pas fier et reconnaissait ses tords sans se faire prier. C'était une personne qui comprenait tout et tout le monde, qui tentait par tous les moyens de mettre ses proches à l'aise. Sofiane était un chouette type !
- On reste comme des gros tas toute la journée ou on sort un peu ? Marmonna Nathanaël d'une voix éteinte, relevant le visage vers nous.
Je réfléchis quelques secondes. J'avais une terrible envie de glander mais en étudiant le regard de Nath et So, je compris immédiatement que malgré la proposition, ils ne me laissaient pas le choix et rêvaient de se bouger le cul. Je soupirai devant mon impuissance et ma flemmardise aiguë puis me rehaussai légèrement.
- On peut aller au bar, non ? Proposa Nath'.
Idiotement, cette proposition m'enchanta. J'avais terriblement envie de rencontrer Macey, ce qui était très con puisque je ne savais rien d'elle. Mais je ne pouvais empêcher le désir de faire sa connaissance et, je me levai afin de motiver mes deux amis. Ma tactique marcha puisqu'à peine une minute plus tard, nous étions dehors pour nous diriger vers le bar. J'avais hâte, vraiment hâte.
Une dizaine de minutes plus tard, nous nous installions à notre table habituelle, tous trois. L'air du bar était chaud et accueillant ; je me sentais bien ici. La lumière de cet endroit était toujours un peu faible et tamisé. Une vieille musique résonnait dans la pièce et c'était ce charme pittoresque qui nous faisait tous revenir. Il n'y avait ni lampions, tables rouges et jaunes, ni parquet flambant neuf. A vrai dire, les tables étaient sombres mais résistantes, les murs écaillés de peinture et le sol un peu poussiéreux. Mais nous aimions cet endroit, nous l'aimions réellement. Sofiane faisait claquer ses pieds sur le carrelage, donnant le rythme entrainant de la chanson qui passait à ce moment là. Je l'accompagnais avec mes doigts tout en attendant patiemment que le serveur vienne prendre notre commande. J'étais très déçu. En entrant dans le bar, la première chose que j'avais demandé à Nath' était s'il apercevait Macey. Il avait balayé la salle du regard puis secoué la tête. Je lui avais demandé de revérifier mais... elle était bel et bien absente.
Après que le serveur soit venu prendre nos commandes et ait étanché notre soif, j’entendis la porte du bar s’ouvrir et je sentis l’air frais glissant entre mes jambes. Nathanaël leva les yeux et lança un sourire à la personne qui venait d’entrer. Grincheux, je me tournai pour découvrir le visage magnifique d’une jeune fille. Elle avait des cheveux flamboyants qui tombaient jusqu’à ses épaules avec une grâce inégalable. Je compris tout de suite qui elle était. Macey ! Elle lui fit un signe de la main et alla s’asseoir à une autre table, seule.
- Dis lui de venir avec nous, plaidai-je, impatient de faire sa connaissance.
Il parut un peu surpris mais invita Macey en désignant la chaise vide à côté de moi. Elle s’exécuta et dès qu’elle se fut assise à côté de moi, son parfum enivrant se répandit partout autour de nous. Je jubilai.
- Je vous présente Macey ! Macey, voici Sofiane et Gaël !  
Elle nous salua doucement mais j’eus la désagréable impression qu’elle me snobait. Je ne supportais pas cela. Elle se détendit au bout de cinq minutes environ et commença à se joindre à notre conversation, sans m’accorder le moindre regard. Même lorsque je parlais, elle ne me fixait pas, elle restait les yeux perdus dans le vague. Je bouillais. C’était très difficile d’être obnubilé par une personne qui n’échangeait rien avec vous ; pas un sourire, pas un regard, pas une parole, pas un geste. Je me sentais terriblement mal à l’aise, d’autant plus qu’elle adoptait ce comportement avec moi uniquement. Je ne comprenais rien à cette fille. Étais-je à ce point repoussant ? Son indifférence m’irritait au plus au point. Je la voyais s’extasier devant les paroles de Nathanaël ou de Sofiane et ne cessais de me demander ce qu’ils avaient de plus que moi. Je la fixais sans interruption, sans relâche, n’écoutant même plus leurs paroles. Tout ce qui m’importait était son attention. Mais elle n’était visiblement pas prête à me la donner.
- Et à part ça, tu fais quoi dans la vie? Les coupai-je, n’en pouvant plus.
Elle me lança un regard surpris qui signifiait clairement « c’est à moi que tu parles ? ». Eh bien oui cocotte, c’est à toi que je m’adresse.
- Rien, je ne fais rien de ma vie, lâcha-t-elle, placide et exaspérée par ma question sans originalité.
Cette fille avait le chic pour faire choir mes certitudes. Je la trouvais vraiment culottée et désagréable. Mais Macey m’intriguait tellement que j’aurais fais n’importe quoi pour en savoir plus sur elle. Je ne comprenais absolument rien à ma logique actuelle. J’étais déplorable, elle devait me prendre pour le pire des cons. Et le pire dans tout ça, c’est qu’à ce moment précis, j’étais vraiment le roi des abrutis. Mais je ne pouvais m’en empêcher, je ne me contrôlais plus ; je voulais tellement lui plaire.
- Et Steven, il a des nouvelles de sa Céline là ? Demandai-je.
- Pas à ma connaissance !
- C’est mort pour lui, j’crois bien ! Il a pas le profil, tu l’imagines avec une bombasse comme ça ? Il n’a aucune chance le pauvre !
- T’es con ou tu le fais exprès ? M’incendia alors Macey, hors d’elle. Tu crois que la vie c’est ça ? Que les gens sont rangés dans des cases et qu’ils ne peuvent jamais en sortir ? Tu penses sincèrement ça ? C’est pas parce que t’as une belle gueule que tu peux tout te permettre ! Tu me fais vraiment pitié, pauvre mec !
C’avait claqué dans notre conversation et j’étais littéralement scotché à ma chaise. Pour une remise en place, c’en était une sacrément réussie. J’avais terriblement honte.
- C’est pas ce que je voulais dire…
- Pff mais arrête sérieusement ! Essaie pas de te rattraper, je connais les types de ton genre. Les frimeurs qui pensent en dessous de la ceinture, les p’tits merdeux comme toi qui sont rien sans leurs papas chéris qui leur payent tout. La vie c’est pas ça mon grand !
Mon père.. Parlons en de cette enflure. Le jour où je serais dépendant d’un type comme lui, foutez moi une balle dans la tête. Je savais que je n’étais pas le mec le plus génial que la terre ait porté, mais je n’étais pas le plus nul non plus ; mon père et moi avions une marge que j’espérais ne jamais atteindre. Il était le pire enfoiré que je connaisse. Égoïste, fier, radin, borné. Et si j’avais un seul but dans la vie, c’était de ne jamais lui ressembler. Ça pouvait paraître cruel, ma haine envers lui. Mais elle était amplement méritée !
- Et les filles de ton genre qui jugent sans connaître les gens, en s’appuyant simplement sur une phrase maladroite, tu appelles ça comment peut-être ?
Son regard était colérique et rempli d’éclairs qu’il me valait mieux éviter si je tenais un minimum à ma vie.
- J’en ai marre, je me barre ! Désolée Nathanaël et Sofiane mais j’en peux plus là !
Elle se leva et envoya sa chaise à quelques centimètres dans un grincement sourd et difficilement supportable. Elle attrapa son sac rouge en bandoulière et sortit du bar d’un pas rageur, faisant claquer la porte avec intensité. Aussitôt, je sentis les yeux pleins de reproches de mes amis.
- Mais merde Gaël, on peut pas te présenter quelqu’un sans que tu foutes la merde ?
J’avais honte, terriblement honte. Et le pire dans tout ça, c’est qu’ils avaient raison ; j’étais exécrable en ce moment ! J’aurais pu reporter les tords sur mon moral bien bas, j’aurais pu accuser mon mal-être mais à quoi bon s’enfoncer plus encore ? J’étais nul, mon dieu. Fuck. J’en avais plus qu’assez de moi-même, de mes sautes d’humeur, de ma maladresse, de mes maux. Je cherchais à tout prix un moyen de me faire remarquer ou plaindre, je venais de m’en rendre compte. J’avais besoin d’attention, besoin qu’on s’occupe de moi et je l’avais fais payé aux autres inconsciemment. Je me trouvais pathétique, j’avais l’impression de retourner dix ans en arrière lorsque j’étais un gosse capricieux et insupportable. C’était bien ça le problème ; j’avais grandi trop vite et je redevenais un enfant égoïste. Terrible. Et je n’avais personne pour me comprendre, personne pour me consoler. Je ne voulais pas jouer les victimes mais il était vrai que si quelqu’un avait réussi à panser mes blessures, je n’en serais sûrement pas là désormais. Mon dieu.. Je me remettais à reporter la faute sur les autres ! Qu’avais-je fais pour être si stupide, si abruti, si con tout simplement ? Je ne me connaissais plus. J’avais peur de moi-même, de mes réactions, de ma violence verbale. J’avais envie de crier en permanence, envie de frapper quiconque avait le malheur de me contredire et de me remettre à ma place. Et cela ne me ressemblait pas. Pourquoi étais-je si déluré ? Qu’avais-je fais de mal pour avoir changé à ce point ? Je ne savais même pas pourquoi j’allais mal. Du moins, je ne comprenais pas pourquoi. J’avais des tas de raisons qui surgissaient mais aucune assez valable pour m’excuser. Le sang battait son plein dans mes tempes. Je n'entendais plus que son flot régulier et les battements de mon cœur. Tout autour de moi avait cessé. Ma respiration saccadée flottait dans mon air et je ne pouvais plus penser à autre chose qu'à elle. J'avais l'impression de devenir fou. J'étais stone sans même avoir ingurgité la moindre substance toxique. Qu'est-ce qu'il m'arrivait ? Doucement, je revins à la réalité. Le décor autour de moi se fit moins oppressant, la lumière de cet endroit m'éblouissait avec moins d'intensité qu'auparavant. Je revis les gens bouger normalement, sans que leurs gestes ne soient saccadés et déliés. Mon malaise avait disparu. Cependant, une lancinante douleur continuait à endolorir ma tête. J'avais l'impression qu'un étau compressait mon crâne et le réduisait à néant dans une douleur incroyable.
- Eh, ça va pas Gaël ? S'inquiéta soudainement Nathanaël, tu es tout pâle
Sa voix me paraissait encore un peu lointaine, floutée.
- Je... Articulai-je la bouche pâteuse, ne sachant quoi répondre. Si ça va ! Enfin non, ça ne va pas, je vais rentrer ! Dis-je, une idée me traversant l'esprit.
Je me levai de façon maladroite, pris d'un léger vertige. Je croisai le regard de mes amis qui était d'une peur profonde. Étais-je à ce mal en point ? Je remis la chaise en place avant de fermer les yeux pour calmer la douleur qui assaillait toujours mon crâne. Je sortis du bar, parcourus l'horizon d'un coup d'œil circonscrit d'un œil vide et aguéri. Au bout de quelques secondes, je sentis de grosses gouttes de pluie tambouriner contre mes épaules et le reste de mon corps. L'eau s'infiltra dans mon cou, glissa sur ma colonne vertébrale pour enfin me faire frissonner. Je restai ainsi quelques secondes, ne sachant pas quelle direction prendre ; j'étais complètement perdu. La sensation qui guidait mes gestes était absolument incompréhensible. J'avais l'impression d'être un pantin dont les fils se tiraient. Je n'étais plus maitre de ce que j'allais effectuer. J'étais immobile alors que je voulais avancer. Je ne comprenais rien à mon malaise. Apercevant une tête rousse au loin, je me mis à courir après elle. Je mis quelques secondes à la rejoindre et dès que ce fut fait, je lui attrapai fermement le bras. Elle poussa un petit cri et je sus rapidement que c'était bien elle et que je ne m'étais pas trompé. J'avais photographier son allure, ses gestes et sa démarche d'une façon si précise que j'aurais pu la reconnaître entre mille de ses sosies.
- Mais lâche-moi ! Qu'est-ce que tu veux à la fin ?
Dans la rue, les passants se tournèrent vers nous. Ils se demandaient sûrement si je l'importunai, si j'osai emmerder une fille aussi magnifique qu'elle. Car elle l'était réellement. Elle avait un physique si agréable et si plaisant qu'il était difficile d'être totalement attentif à ses paroles tant on était absorbé par son visage.  Elle restait impassible, toutefois excédée par moi et la pression que j'exerçai toujours autour de son bras. Je prenais garde à ne pas y aller trop fort, j'enserrai juste mes doigts autour de son poignet afin de lui montrer que je ne voulais pas qu'elle parte mais que je ne lui ferais pas de mal.
- Je veux juste savoir pourquoi tu t'en prends à moi de la sorte ! Je n'ai pas été si méchant dans mes paroles avec Steven alors pourquoi je m'en suis pris plein la tronche par toi ?
Elle soupira et retira son bras de ma main. Elle croisa les bras en dessous de sa poitrine recouverte d'un T-shirt noir et me regarda longuement avant de m'avouer ;
- Je n'aime pas les personnes de ton genre.
J'écarquillai les yeux. De quel genre parlait-elle ? Je n'avais aucun style qui différait de ceux de Sofiane ou de Nathanaël. Je ne comprenais absolument rien.
- De quoi tu parles, merde ?
Elle souffla bruyamment, apparemment ennuyée par mon temps de réaction. Mais fuck quoi, elle ne s'expliquait pas et elle allait bientôt me reprocher de ne pas être devin ? Elle se foutait de ma gueule ?
- De celui dont tu fais parti ! Tu sais, les gens qui regardent les autres de travers si ils ont le malheur de s'habiller autrement ! Ceux qui pensent que le monde devrait être uniforme !
- Mais tu es complètement folle ma parole ! Je me fiche que tu t'habilles en noir et en rouge, que tu mettes des pics sur tes vêtements ou que tu te maquilles plus que les autres filles de ton âge ! Si tu savais comme je m'en branle et comme je déteste les gens que tu viens de décrire. Je t'assure que je ne suis pas comme eux et je m'excuse si c'est ce que j'ai fais paraître.
- Alors pourquoi tu n'as pas arrêté de me fixer pendant tout le temps où je suis restée avec vous ? J'avais l'impression d'être épiée, c'était atroce ! Se plaignit-elle alors.
Merde. Il était vrai que je ne l'avais pas lâché des yeux une seule minute. Je l'avais détaillé de long en large, avais parcouru son corps visuellement afin de tout retenir d'elle. Je m'en voulais de ne pas avoir été capable de faire cela plus discrètement. J'avais été stupide et maintenant, elle se sentait gênée et me prenait pour un pervers de première classe. Quel boulet !
- Je m'en excuse, je t'assure ! Je ne voulais vraiment pas que tu te sentes mal à l'aise ou autre chose. Mais c'est fréquent que je regarde les autres, j'aime me souvenir des détails de chaque personne que je rencontre.
Elle eut un petit sourire moqueur mais n'ajouta rien de plus.
- A vrai dire, je voulais te féliciter pour la chanson que tu as écrite ! Elle est splendide.
Elle n'eut aucune réaction de fierté, à mon grand étonnement. Au contraire, je vis ses yeux se ternir subitement, comme si l'évocation de cette mélodie la faisait couler plus qu'autre chose. Cette fille était la plus étrange que je n'avais jamais rencontré.
- C'est gentil mais c'est Nathanaël qui a tout fait, j'ai juste proposé quelques mots.
- Ne te fatigue pas à être modeste, je connais le style de Nath' et il n'aurait jamais trouvé ça tout seul. Tu es très douée, tu fais de la musique ?
Elle secoua la tête et resta un instant songeuse.
- J'aime écrire. C'est tout ce que je sais faire de ma peau, de toute façon.
- Je suis sur que c'est faux, tentai-je de la rassurer.
- Ne te fatigue pas à être gentil, je connais mes défauts plus que quiconque !
- Quel âge as-tu ?
- Vingt deux ans. Et toi, seize, dix sept ?
- Dix sept, répondis-je de manière désinvolte. De quels défauts tu parles ?
- Écoute, on ne se connait pas assez pour que je te livre ma vie, je pense. Soupira-t-elle en levant les yeux au ciel.
J'aurais adoré qu'elle me raconte des choses sur elle mais elle n'était visiblement pas prête. Je la comprenais après tout. J'étais un inconnu qu'elle avait mal jugé et cela faisait à peine cinq minutes que nous parlions sans nous jeter d'insultes à la figure.
- Qu'est-ce que tu aimes dans la vie ?
- Tu as toujours des questions aussi puériles et communes ?
- Je crois bien que oui ! Il va falloir t'y faire... Lançai-je avec un sourire ironique.
- Ou pas ! Me coupa-t-elle, mettant alors un terme à la gaieté de mon visage. Pour être franche, les choses que j'aime ne sont pas vraiment les meilleures qui existent sur terre. J'aime écrire, j'aime être dans le noir pendant des heures, j'aime mon style et la drogue. Je n'aime pas le monde.
J'aimais la description qu'elle avait fait de ses gouts.
- Tu n'aimes pas le monde ?
- Ça t'étonne ? Tu aimes le monde, toi ? Demanda-t-elle avant que je ne secoue la tête. Alors dis toi que moi c'est pareil ! Le monde devient une incroyable mine de cons et je n'aime pas les cons. Je n'aime donc pas le monde.
- Je peux te poser une dernière question ?
- Tu es trop curieux, mon grand. Mais vas-y, après tout, si ta question m'emmerde, je n'y répondrais pas !
Je réfléchis un instant avant de poser la question qui brûlait mes lèvres. J'avais un peu peur de sa réaction, pour être honnête. Peut-être ne saurait-elle pas répondre, en plus.
- Je... Quand tu as parlé de ce que tu aimais, tu as parlé de la drogue et de ton style, ça veut dire que tu...
- Oui je me drogue, et alors ? Ça te pose un problème ?  S'emporta-t-elle, son visage devenant de plus en plus livide.
- Alors rien. C'est la première fois que je rencontre une fille comme toi, je suis heureux de te connaître. Je t'admire.
- Il n'y a aucun mérite d'être ce que je suis. Je ne suis pas droguée parce que je suis gothique, je ne suis pas gothique parce que je suis droguée. Je suis droguée parce que je suis Macey. Et je te jure que parfois, j'aimerais vraiment être quelqu'un d'autre.

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Un chapitre de plus =D.
J'ai carburé aujourd'hui, hein ? Est-ce qu'il vous a plu, au moins ? Voilà la rencontre entre Macey et Gaël ! Vous en pensez quoi de cette jeune demoiselle ? xD. Personnellement, c'est mon personnage féminin préferé GNI Je la trouve très touchante et réaliste.
Je pense que le chapitre suivant arrivera ce week end, je vous préviens si j'ai du retard de toute façon ^^
Ps : Z'allez faire quoi de votre premier d'l'an ? Buvez pas trop hein ! J'rigole, profitez-en =D.


<3

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