
- Prologue
-
Mon
monde s'écroulait peu à peu. Son allure fanatique disloquait la
vitesse éreintante des autres existences parfaites qui, dans un
écho suprême m'achevaient et m'enfonçaient plus encore. Ce semblant
de mélodie sonnait faux et ma vie ressemblait à une note égarée au
milieu d'une partition inachevée. Quoi de plus risible pour un
musicien de mon genre ? Je jalousais les œuvres des autres
personnes qui surplombaient mon âme d'un sentiment d'infériorité
atroce ; leurs choix si puériles, leurs vies bien ordonnées et
stables, leurs trop plein de bonheur qui jouissait de se renverser
sur ma peau non pas pour agrémenter ma vie d'un accord beau et
incertain mais au contraire, pour faire choir mes piètres
convictions. J'exécrais les personnes qui osaient me regarder et
sourire avec une hypocrisie intarissable, cette pitié débordante
qui leur collait aux lèvres, qui me consumait davantage. La cantate
agonisante se ternissait entre mes doigts, elle se défilait,
s'abimait, se cassait, se trouait. Et moi ? J'étais déjà mort. Je
n'avais plus rien d'autre que ma douleur pour me tenir compagnie,
je n'avais plus rien mis à part les regrets sans fin qui
emplissaient mon esprit. J'avais, à tout casser, un bon épi noir
sur le haut de la tête, des yeux de toxicomane et l'os du tibia de
travers.
- Tu
viens manger Gaël ? Essaya ma mère en secouant mon épaule
droite.
- J'ai
pas faim. La rabrouai-je d'un air maladroitement
hostile.
Elle
soupira puis croisa les bras en détendant un peu ses hanches, comme
à son habitude, pour montrer son exaspération.
-
Viens au moins me tenir compagnie.
Elle
venait de me piéger. Elle ne me lâcherai pas tant que je n'aurais
pas le cul calé sur sa putain de chaise.
- Tu
me fais chier Maman ! Ça va me faire quoi de te voir bouffer ton
truc dégueulasse qui me donne la gerbe ? Tu crois que c'est comme
ça que ça va aller mieux ? Arrête tes conneries, et fous moi la
paix !
- Je
te dis de venir t'asseoir maintenant ! J'en ai plus qu'assez de
voir ta tête de dépressif tous les soirs ! Je te préviens, soit tu
te bouges le cul et tu viens t'asseoir sur la chaise, soit JE te
bouge le cul et tu vas dormir dehors !
L'amour d'une mère, y'a que ça de vrai, n'est-ce pas ? Je
lui lançai un regard assassin et me levai finalement du fauteuil,
retournant m'asseoir sur une autre chaise, un peu
engourdi.
-
C'était pas si difficile, si ?
-
Shut up ! Protestai-je avant de m'affaler
littéralement sur la chaise grinçante.
- Tu
sais très bien que je ne comprends rien à cette langue !
-
Justement, la narguai-je avec le ton d'un sale gosse de huit
ans.
Elle
eut un petit sourire qui ne dura pas longtemps puis elle reprit son
visage de femme sérieuse et concentrée, les yeux glissés sur son
plat dont j'ignorais la consistance.
-
Comment va le groupe sinon ?
-
Boaf... Steven a d'yeux que pour une fille du lycée, Céline. Roman
est d'humeur exécrable, Cally, Sofiane et moi tentons en vain de
remuer ces incapables.
-
Chose difficile, je présume, rigola ma mère, un sourire en coin
légèrement caché par une de ses mèche blonde.
-
Chose impossible !
Elle
rit devant ma précision sarcastique et je haussai les épaules d'un
air décontracté, regardant ma génitrice et sa bouillie marronâtre
qui me donnait des hauts le cœur. Je passai ma main sur le
dessus de la table en bois très foncé et laissai mes ongles frapper
la planche pour montrer mon impatience et mon envie de sortir de
table. Celle ci fit semblant de ne pas remarquer et continua à
manger ce qu'on pourrait communément appeler « bouillie pour chiens
sans dents ». Elle leva les yeux vers moi et dans un rictus moqueur
me demanda :
- Et
Cally, comment va-t-elle ?
C'était reparti ! Ma mère s'était toujours mis dans la
tête qu'elle et moi ferions un magnifique couple, sans comprendre
que c'était ma meilleure amie à moi et que je la connaissais depuis
l'enfance. Chaque fois qu'elle trouvait une occasion de me titiller
sur ce sujet, elle la prenait – et pas qu'à
moitié.
-
Bien, elle va bien.
Je
désirais ne pas m'étendre davantage sur le sujet, je ne voulais pas
que ma mère recommence avec ses questions et ses sous-entendus
incessants.
-
M'man, j'peux y'aller maintenant ?
Elle
me regarda de façon sérieuse puis hocha la tête. Je me levai et, au
dernier moment m'immobilisai ; je la laissais si souvent seule.
Chassant mon sentiment de culpabilité, je montai les marches quatre
à quatre jusqu'à ma chambre. Je laissai l'obscurité se terrer dans
mon sanctuaire et n'allumai pas la lumière, je n'étais que de
passage ici de toute façon. J'attrapai de manière désinvolte mon
portable et ma veste, tous deux cachés par la couette retournée de
mon lit. Ma chambre n'était pas spécialement en désordre, comme
celle de certains adolescents de mon âge mais elle n'était pas
nickel non plus. Je n'avais ni chaussettes sales dans tous les
recoins de ma chambre, ni l'odeur de l'eau d'javel régnant ici. La
fenêtre de ma chambre, située dans le coin de fond, était
transpercée par la lumière de la lune et du lampadaire extérieur.
En dessous d'elle, un pouf bleuté écrasé par une multitudes
d'objets divers. A côté ; mon bureau et mon ordinateur. Le meuble
était gris et blanc, sobre, un peu en bazar toutefois. Si j'avais
voulu faire mes devoirs dessus, je crois bien que ç'aurait été
impossible. Des tas de livres, de photos, de crayons, de jeux
s'empilaient de tous les côtés. C'était risible. Le mur opposé
était caché par une grande armoire en toile blanche et à côté, mes
deux matelas juxtaposés, embrassant le sol. En face de ceux ci, une
petite étagère blanche avec une multitude de livres et de films et,
sur la première planche, un tableau blanc orné de représentations
de mes amis. Je claquai la porte et descendis, marmonnant un « je
dors chez Sofiane » puis m'engouffrai dans l'air froid et mordant
de la nuit. A mon passage, la lumière du lampadaire vacilla telle
un papillon, aussi délicatement et rapidement que ses ailes.
Bizarrement, je pris cela pour un signe ; ma vie chancelait. Je
commençai alors à traverser la rue, ne prenant pas garde aux
flaques d'eau encombrantes de la ville où se reflétaient les belles
lueurs des lampadaires, un peu floues, un peu mélancoliques, un peu
magnifiques. On aurait dit des petits océans luttant et si je
n'avais pas eu aussi froid, je serais resté assis auprès de ces
mares de rêves pour contempler un peu plus mes espérances.
J'arrivai devant une bâtisse blanche et plutôt grande et sans
prendre le temps de frapper, tournai la poignée et y entrai.
J'entendis quelques voix, reconnus celles de Sofiane, Cally, Roman,
Steven et Nathanaël. Je me dirigeai vers le salon de So et y
retrouvai mes amis, avachis sur les coussins, les chaises, les
fauteuils et les canapés, en pleine discution.
- Eh,
salut toi ! Me lança Cally, la tête comprimée entre ses deux mains
et un coussin, ce qui donnait à sa voix un air un peu
étouffé.
Sofiane se leva, m'envoya une bourrade dans le dos et
m'invita à m'asseoir. Je m'assis entre lui et Cally, en grande
discution avec Steven.
- Ça
va, vieux ? Me demanda Nathanaël, un peu inquiet.
J'avais fais part de mon mal-être à trois personnes ;
lui, Sofiane et Cally. Les autres voyaient bien que ça n'allait pas
mais, je ne voulais pas leur en parler même s'ils étaient des amis
chers.
- ...
et toi ?
- Bien
!
Ils se
remirent à parler. Étrangement, ce soir, j'avais du mal à me
joindre à leurs conversations. Pourtant cela faisait un bout de
temps que mon moral n'allait pas fort mais jamais je n'étais resté
silencieux avec eux de cette façon. Je ne comprenais
pas.
- Tu
parles pas mon grand ?
Cally
avait toujours eu la sale manie de m'appeler « mon grand » alors
qu'elle faisait une bonne tête de plus que moi. C'était sûrement
une façon de se moquer de moi avec ironie mais je ne relevais
jamais, c'était affectif après tout.
Je fus
étonné de constater qu'elle arborait des yeux tristes en me
regardant de la sorte. Était-elle sensible à mon mutisme ? Ses
grands yeux bleus me fixaient avec intensité, d'un air bienveillant
et réconfortant qui m'était cher. Cally n'avait pas besoin de longs
discours pour émouvoir les gens, ses yeux parlaient à sa place, de
toute la sincérité dont elle était capable. J'aimais à la regarder
pendant de longues minutes, observer ses traits fins et
magnifiques, son sourire agréable, sa silhouette salvatrice. On
aurait pu penser que notre amitié tournerait tôt ou tard en
relation amoureuse mais nous savions tous deux que nous n'étions
pas faits pour être un couple. Nous n'étions pas amoureux l'un de
l'autre, juste très attachés, liés à jamais. Personne ne pourrait
jamais nous séparer, j'en étais certain. J'avais besoin d'elle
autant qu'elle avait besoin de moi, nous nous complétions, nous
nous ressemblions. Notre relation était absolument divine et je ne
l'aurais gâché pour rien au monde.
- Je
suis un peu fatigué, dis-je en posant ma tête sur ses
genoux.
Elle
plaça sa main sur ma chevelure d'ébène et caressa doucement mes
mèches rebelles, en toute innocence. Les autre continuaient à
bavarder inlassablement mais elle restait dans la même bulle que
moi, celle qui empêche les mots de passer. Je lui tenais la main et
elle tenait la mienne, comme pour me prouver que jamais elle ne la
lâcherait, même si elle savait que je le savais. Je l'aimais. Plus
que si elle avait été ma sœur, plus qu'une meilleure amie,
plus qu'une petite amie. Je n'avais ni expression ni mot pour
décrire ce sentiment mais je l'aimais. Bien plus que tout et sans
aucune ambiguïté.
- On
va répéter ? Proposa alors Sofiane.
Je me
rendis compte que c'était tout ce que j'attendais depuis que
j'étais arrivé ici ; chanter. Nathanaël fouilla dans sa poche et en
sortit une feuille remplie d'accords et de mots.
- Je
l'ai écrite hier, dites moi si elle vous plait !
Je
parcourus la feuille du regard, imaginant la mélodie, ma voix sur
ces paroles puis je levai les yeux vers lui :
- Elle
est sensass' !
Ses
lèvres s'étirèrent dans un rictus satisfait et fier. Après sa
lecture, Cally regarda Nathanaël, stupéfaite par le talent de celui
ci. Il avait bien sur déjà composé une multitude de chansons pour
nous mais celle ci dépassait de loin le niveau des
autres.
- A
vrai dire.. Commença-t-il une moue gênée ayant remplacé son
sourire, je ne l'ai pas écrite seul.
Qui
avait bien pu l'aider dans ce cas ? Je ne connaissais pas un seul
lycéen capable d'écrire quelque chose comme ça, mis à part lui. Je
désirais savoir qui avait accompli cette prouesse, qui avait un
talent aussi exemplaire que celui couché sur le papier.
- Qui
est-ce alors ? Demanda Sofiane, attrapant les mots qui étaient
restés logés dans ma gorge.
Bizarrement, je vis Nath' se triturer les doigts,
hésitant quant à nous révéler l'auteur de cette chanson. Avait-il
honte ? Aurait-il voulu que l'on croit en ses mots si bien
retranscrits ?
- Une
fille que j'ai rencontré dans « Au petit bonheur », elle a vu que
je galérais alors, elle m'a aidé.
« Au petit bonheur » était le bistrot où nous allions à chaque fin
de cours, qui nous était familier et que nous aimions beaucoup.
C'était.. une fille qui avait écrit ça ? Pourtant, le style
paraissait tellement criant et introverti qu'on aurait cru à un
auteur masculin. Mais étrangement, non.
-
Comment s'appelle cette surdouée ? Lança Roman, un sourire moqueur
au coin des lèvres.
Je ne
pus m'empêcher de trouver son attitude déplacée. Il avait dit cela
de façon ironique, comme s'il n'en pensait pas un mot. N'était-il
pas sensible à cette grâce phrasée ?
- Pas
la peine de te moquer, Roman, tu n'es même pas capable d'écrire un
vers sans faire une faute !
Il
fallait avouer que j'y allais fort, ce qui justifia immédiatement
son visage placide après ma remarque plus que cinglante. Je ne
connaissais pas cette fille et pourtant, je m'en sentais proche à
un point impossible. C'était tellement puéril, j'en avais presque
honte. Pas du genre à se laisser démonter, il arqua les sourcils
dans ma direction, un air froid et impénétrable dans les yeux. Son
regard était tellement hostile que j'eus mal à la joue rien que
d'imaginer la force du coup qu'il pourrait me lancer si je
m'entêtais à l'emmerder de la sorte.
-
Arrête de te croire au dessus de tous, Gaël.
Ses
mots ne me firent ni chaud ni froid. Ils étaient l'exact exemple de
celui qui ne sait quoi répondre et qui utilise l'orgueil inexistant
pour tenter de blesser l'autre. Je ne répondis pas à son attaque,
préférant l'ignorance à la violence verbale et reportai mon
attention sur Nathanaël qui, blasé, essayait d'en placer
une.
-
Macey.
Nous
le regardâmes, incrédules.
- Elle
s'appelle Macey ! Précisa-t-il, agacé par notre
incompréhension.
Macey.. La bourrade que Sofiane infligea à mes épaules me
sortit illico de ma rêverie. Mon meilleur ami passa sa main sur son
visage au teint mat, semblable à du cuivre brillant. Il avait un
visage plutôt fin et des os saillants, surtout au niveau des
mâchoires. Ses pupilles étaient vertes, d'un vert à la fois clair
et foncé, un mélange un peu ingénu et corsé. Ses yeux étaient fins
et un peu allongés, recouverts d'une fine rangée de cils blonds,
copie parfaite de la couleur de ses cheveux. Les mèches de son
capillaire était inégalement coupées, certaines tombant sur son
front, d'autre arrivant presque à sa lèvre supérieure. Il n'était
pas parfaitement beau mais un charme salvateur émanait de lui, de
ses prunelles confiantes et douces.
- On
va répéter ? S'impatienta soudainement Cally, sûrement pressée de
délivrer sa voix d'or et de laisser ses doigts courir sur sa
guitare.
Je
souris sans réellement savoir pourquoi. Cally était tellement
importante pour moi, je ne savais même pas comment l'expliquer.
Nous n'avions pourtant pas tant de caractères communs, nos vies
étaient diamétralement opposées et son attitude était parfois
enfantine. Mais voilà, Cally était un bol d'air frais, une
bourrasque agréable qui m'évitait de m'étouffer avec ma vie. Elle
était fraiche et innocente mais surtout posée et altruiste. Je pris
sa main. Comme d'habitude, elle était glacée. Comme d'habitude je
la réchauffais, protégeant ses doigts de la température, faisant de
mon membre une carapace de chaleur. Elle resserra ma prise et me
traîna vers le garage de Sofiane, désireuse de faire de la musique.
Les autres nous devançaient un peu et nous arrivâmes dans le
garage. Dedans, l'odeur habituelle de poussière et nos instruments
de musique placés stratégiquement. La batterie, qui appartenait à
Steven, était calée dans le fond de la pièce, dans le coin. La
première guitare, celle de Sofiane, était dans le même axe, au coin
opposé. Le synthétiseur de Roman était contre la fenêtre du mur de
droite, en dessous de l'ampoule. Cally et moi étions en premier
plan, puisque nous étions les chanteurs. Le local était petit et
pas vraiment insonorisé mais c'était le seul que nous avions pu
trouver si nous voulions répéter régulièrement. Nous nous mîmes
aussitôt en place, chacun connaissant son rôle dans le groupe à la
perfection.
Les sons de mirent en
place, écho à la fois sinistre et suprêmes. Avec dix doigts, nous
pensions réussir à faire de l'or et c'était toute la magie de nos
mélodies. Nous y croyions sincèrement. Chaque fois, nous voulions
faire mieux que la précédente. Alors nous livrions nos cœurs
dans ces cantates, nous donnions notre âme dans ces notes. Nous
faisions choir tous nos problèmes rien que pour apercevoir un trait
d'étoile filante. Il n'y avait plus deux chanteurs, ni un pianiste,
il y avait nous. Et nous étions heureux comme cela, rien qu'un
instant.
Lorsque la musique prit
fin, nous nous regardâmes et nous sourîmes. L'obscurité extérieure
nous fit prendre conscience qu'il était tard. Je regardai Nathanaël
et une idée me vint soudainement ;
- Tu crois que.. Macey
sera au bar demain ?
Il secoua les épaules,
visiblement ignorant. Je soupirai.
- Pourquoi tu veux la
voir ? S'étonna Roman, acerbe.
- J'aimerais juste la
connaître un peu mieux ! Les amis des mots sont mes amis
!
- Les amis des
maux sont tes amis..
Précisa-t-il.
J'eus envie de décorer
sa petite tête d'une trace de main mais me contint finalement. Il
ne fallait pas que je montre mon énervement.
- Je pense qu'elle sera
là. Elle m'a dit qu'elle aimait bien cet endroit ! Mais.. Je vous
préviens, elle est très différente de nous.
Je ne relevai pas. Les
différences faisaient le monde, elles ne me dérangeaient pas du
tout. Cally se rapprocha de moi et posa sa tête sur mon épaule. Je
lui pris la main et nous sortîmes dehors, dans la nuit
glaciale.
- Ça ne va pas, Gaël ?
Me demanda-t-elle, inquiète par mon silence et mon visage
tendu.
- Pas vraiment. Mais ça
va passer, ça finit toujours par passer !
- Je n'aime pas te voir
comme ça, tu le sais n'est-ce pas ?
J'hochai la tête et
pressai davantage ses doigts dans les miens. Ils étaient encore
plus froids que tout à l'heure. J'allais embrasser sa joue quand
elle tourna brusquement la tête ; mes lèvres effleurèrent les
siennes et nous sursautâmes, surpris.
- Ex.. Excuse moi,
bafouilla-t-elle, très mal à l'aise.
Je souris devant sa
gêne. Étrangement, son baiser m'avait été agréable. Les autres
sortirent du garage et nous leur emboitèrent le pas afin de rentrer
chez Sofiane. Nous avions prévu de dormir tous ensembles chez
lui.
Après avoir passé deux
heures à discuter, nous nous isolâmes tous pour dormir. Il était
plus de quatre heures du matin. Comme à notre habitude, je pris la
chambre d'amis avec Cally, Roman et Nathanaël le canapé et Sofiane
et Steven la chambre de mon meilleur ami. Je sentais que Cally
était toujours un peu troublée par notre baiser accidentel et je
tentai de la rassurer ;
- Mais Cally, c'était
un accident ! Ça ne représente rien pour moi et rien pour toi non
plus ! Je sais très bien que t'es amoureuse de Steven
!
Elle était toujours mal
à l'aise et je la ramenai contre moi, caressant doucement ses
cheveux blonds. Je faisais une bise à sa joue puis, m'approchai de
plus en plus de ses lèvres, guidé par un désir incompréhensible.
J'essayai de me dire par tous les moyens qu'elle était ma meilleure
amie, qu'il ne fallait pas que je fasse ça, mais ses frissons de
plaisir m'encouragèrent plus encore. J'arrivai enfin à sa bouche,
elle se retourna vers moi afin de caler son buste sur mon torse.
Nous échangeâmes plusieurs baisers puis je passai la barrière de
ses lèvres et glissai ma langue pour entreprendre une danse
érotique avec la sienne. Je laissai mes mains parcourir son corps,
étanchai sa peur de l'inconnu, notre peur de l'inconnu. J'enlevai
son tee-shirt et elle fit de même avec moi. J'embrassai son ventre,
ses cheveux, ses lèvres, ses yeux. Nous fîmes l'amour. Nous fîmes
une erreur. Aucun de nous n'aimait l'autre de cette façon
là.
C'est ainsi
que ma première fois se passa avec ma meilleure amie, c'est ainsi
que je commis une erreur monumentale et
indelebile.
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Hello les amis 
Comment allez-vous ? Vos vacances se passent bien ?
Alors, qu'avez vous pensé de ce prologue ? Vous aimez les
personnages ? Gaël 
Je suis très heureuse de commencer une nouvelle fiction, je suis
déjà trèès attachée aux personnages et j'ai énormement envie de
rentrer dans le vif de l'histoire. Mais j'ai pas mal d'histoires en
cours ; Looking for him et Entre Deux
Tranchants qui me prennent déjà extrèmement de temps, et je ne
pourrais donc pas être très régulière dans les suites, même si
j'envisage de faire "passer" The Whisper of pain avant Entre Deux
Tranchants car je pense que TWOP sera plus longue et plus détaillée
que EDT, d'autant que je pense changer pas mal de choses sur EDT.
Bref, j'attends vos avis avec impatience, je suis ravie de votre
entrain quant à cette histoire.
Je vous aime très fort 